MAHI                                                                                  Plasticien

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Issu du monde des mots – la philosophie et le théâtre, comme scénographe et metteur en scène, Mahi, plasticien, travaille sur des séries, chacune étant considérée comme un spectacle en lui-même. Dans sa production, formes et couleurs remplacent l’expression langagière, c’est pourquoi il considère ses tableaux comme des « pourparlers ». Il utilise pour cela toutes sortes de techniques mais reste avant tout un matiériste. Son dernier « spectacle » s’intitulait Les racines du carré, celui qu’il travaille actuellement, inspiré du tableau de Rubens « La chute des damnés », s’intitule La chute des corps.

 

Tout en étant comédien (sous le nom de Didier Mahieu) et scénographe (sous le nom de Mahi), de profession, j’ai exercé une activité artistique plus solitaire en travaillant dans mon atelier et en exposant. Puis, je me suis posé quelques questions théoriques sur mon activité. J’ai commençé à (ré)ouvrir des livres de philosophie – section esthétique/art - et, de question en question, de livre en livre, je fus comme happé par cette discipline, m’inscrivis à l’Université de Rouen, et finalement, passai avec bonheur une licence de philosophie.

Parallèlement, telle la femme de Loth transformée en statue de sel, je ne pouvais plus tracer une ligne, choisir une couleur, sans me poser des questions sur mon geste, j’avais perdu la nécessaire innocence, j’étais littéralement figé, pétrifié. J’arrêtai alors toute production plastique tout en créant la Collection philosophie de chair, série de spectacles sur des textes de grands philosophes. Tout cela dura une quinzaine d’année, théâtralement productive, pendant laquelle mon abstinence plastique, dans les actes bien réelle, n’était pourtant pas définitive dans mon esprit : j’avais toujours l’envie de m’y remettre tout en étant bloqué par mon questionnement un peu trop intellectuel, c’est-à-dire un peu idiot.

Je sais aujourd’hui que l’innocence est perdue à jamais, mais il y a quelque chose en moi d’irrépressible qui doit s’exprimer. Ça pourrait se faire par les mots, mais je n’y arrive pas, j’ai l’impression d’être plus éloquent avec les formes, la matière, les images. J’ai donc repris mes outils en essayant d’oublier que je ne suis plus innocent. Je propose donc maintenant comme des pourparlers.

 

 

EXPOSITIONS