ALEX'SANDRA                                                           PEINTRE

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Mondes intérieurs au fond desquels s'étagent, se déploient, s'expansent des nappes de sens que le langage plastique installe sur la toile.

Les mots disent, les mots incisent, mais l'image offre, montre, l’image propose.

Elle présente. Silencieuse. Elle re-présente son propre monde à celui qui prend le temps de s'interrompre, se poser un instant, s'il ose regarder. Les distorsions qu'elle y opère l'enrichissent de perspectives déroutantes.

Urgence à s'abstraire.

 

Il y a ce qui affleure.

Les pigments qui se délitent, parcourent le format, se déposent. Les couleurs qui font leur chemin, dont j’infléchis à peine le cours, contraintes par leur essence et le cadre de leur support. La toile est un chantier dont chaque parcelle devient le fragment d’une reddition. Des alliances s’opèrent, des masses s’imposent, des répulsions forcent le travail dans une direction contradictoire. Il y a l’eau qui court, qui ruisselle, qui contourne, qu’on contrôle et qui échappe. S’échappe vers un devenir inéluctable.

Je voyage, je parcours mes toiles, prenant des notes ici ou là comme on esquisse au gré d’une balade sur un carnet, une ligne, une courbe, un trait, qui plus tard rassemblés formeront un tout. Je dépose là un aplat, ici une touche, une goutte, qui vont s’écouter, s’apprivoiser, se fondre, se confronter, dialoguer, se rejeter, pour soudainement tout désorganiser et infléchir le cours des pigments au bord d'un désarroi.

Je travaille vite, dans une urgence nécessaire.

À quoi ? Je l'ignore. Et cette question me bouleverse...

L'image que je cherche n’appartient pas à ce monde.

Il y a ce qui advient.